Je suis l’ancêtre de toutes les oies domestiques et je suis difficilement reconnaissable de mes descendants, car chez nous, le sauvage, le domestique et même l’hybride se mélangent volontiers…
Sempach/LU, juin 2020
Un matin, très tôt, j’avais envie de saluer le brouillard.
Son plumage très discret n’attire guère l’attention, non seulement des insectes qu’il pourchasse en vol, mais aussi de l’observateur.
Une première rencontre, en juin 2020, au Tessin, dissimulé dans les feuillages, suivie d’une deuxième un peu plus tard, à Genève, en plein contre-jour. Deux photos quelconques, qui étaient là uniquement pour témoigner de son existence.
Ce n’est plus le cas, car dans le domaine de la photo animalière, la patience paie toujours.
Cevio/TI, mai 2021
Après une escale tessinoise, le voici à Genève.
Marais de Sionnet/GE, juin 2021
Une longue absence. Il était temps de le revoir. A quelques jours d’intervalle, lieux et photographes différents…
Nous ne verrons bientôt plus sa silhouette svelte et élancée, son manteau écaillé, son cou délicieusement marqué de noir ?
L’effectif de ce bel oiseau sont en forte diminution partout en Europe. La dégradation de son habitat et la chasse stupide que l’homme lui fait subir lors de sa migration en sont les causes principales.
La voilà pointer son bec dans le sud du pays.
Sementina/TI, juin 2021
Avant de faire entendre son chant dans la campagne genevoise.
Laconnex/GE, juillet 2021
Elle n’est plus seule cette année. Nous en avons six lors de nos séances d’observation. Mais elle ne se laissent pas approcher facilement.
Devant Forestal/GE, mai 2023
Mais il est aussi temps de faire sa cour et d’oublier un peu la prudence.
Certes, il est commun de nos forêts. Mais il a une bouille sympa et il est amusant d’observer ses mouvements incessants à la recherche de nourriture.
Et puis, de temps en temps, il prend un moment pour venir voir l’étrange animal qui l’observe…
Bords de l’Aire/GE, juin 2020
Et, comme il est coquin, il se maquille. Tantôt du brun, tantôt du rouge… Mais, rassurez-vous, il s’agit toujours du même animal.
Val Roseg/GR, septembre 2020
Au cours de nos observations, il est venu nous trouver à maintes et maintes reprises. Nous avons toujours oublié de le photographier. Pas cette fois-ci !
Une flèche turquoise qui fend l’air et qui disparaît aussi vite qu’elle est venue. Le martin-pêcheur est un oiseau discret qui n’aime pas paraître.
Sauf à trouver son nid le long de la berge ou l’un des perchoirs où il aime se reposer et traquer ses proies.
Ce jour-là, il a fait trois ou quatre passages éclair, puis s’est posé sur un roseau, de l’autre côté de l’étang. Juste un instant, pour nous montrer ses couleurs.
L’histoire se termine par un vrai instant de bonheur.
Teppes de Verbois/GE, juin 2020
Quelques jours plus tard… Est-ce le même ?
Teppes de Verbois/GE, juin 2020
La tache rouge sous le bec indique clairement qu’il s’agit d’une femelle. Normal, pour tant de beauté !
Creux-de-Terre, août 2020
Serait-il l’apothéose ?
Champ-Pittet/VD, octobre 2020
Même pas, le voilà à nouveau.
Lac des Vernes/GE, février 2021
Il est tellement beau que nous ne pouvons pas cesser de l’admirer !
Il est trop loin de notre observatoire, ce magnifique héron cendré qui se pavane au fond de l’étang. Nos yeux quittent les jumelles et notre regard plane sur les roseaux et les herbes d’en face.
Les voilà qu’elles bougent. Le vent, une rousserolle ? Non, maman chevreuil et ses deux rejetons.
Teppes de Verbois/GE, mai 2020
Elle sait que nous sommes là. Une touffe d’herbe et son regard se pointe vers nous. Puis, elle s’inquiète de moins en moins souvent et feint de nous ignorer, Les faons eux, dans l’insouciance de la jeunesse, ne cessent de se défier dans des folles courses dans la prairie.
Un de ces (longs, très longs) moments inattendus que seul la nature sait nous offrir.
Et, quelques jours plus tard, les petits ont déjà bien grandi.
Teppes de Verbois/GE, juin 2020
Une année après, ou presque, dans un autre endroit, voilà qu’un jeune mâle fait son apparition.
Marais de Sionnet/GE, mai 2021
On pourrait croire que les chevreuils recherchent la protection de bois touffus pour se cacher d’un prédateur improbable et des chiens qui hantent nos campagnes. Ils ont certes besoin de quelques arbres et buissons pour passer des nuits tranquilles, mais ils aiment les vastes espaces des champs qui leur permettent d’apercevoir tout intrus et prendre la poudre d’escampette.
Avully /GE, février et avril 2022
Celle-ci se nourrissait tranquillement dans les prés récemment fauchés. De temps en temps, elle levait la tête dans la direction opposée à notre approche, intriguée par la présence d’un photographe caché sous une tente. Nous avons profité de l’occasion sans vergogne.
Devant Forestal/GE, juillet 2023
Juste le temps de m’immobiliser derrière un maigre buisson. Occupé à se nourrir, il vient vers moi. Sa surprise ne dure que quelques instants, avant qu’il prenne la fuite.
Entre le Rhône et l’Allondon, maître Soleil, un metteur en scène d’exception, a mis en place son spectacle d’ombres et lumière.
Silence, on tourne.
Les acteurs sont souvent les mêmes, mais tous savent jouer plusieurs rôles. La foulque irascible qui défend son territoire, est aussi une maman calme et attentive qui nourrit son rejeton. La buse variable qui vient de prélever sa pitance, semble somnoler, faussement indifférente, sur sa branche préférée. Le grèbe huppé nourrit ses canetons voraces, mais attrape un poisson et fuit dans les roseaux pour le déguster tranquillement…
Ne manque pas la star incognito qui se montre un court instant pour mieux disparaître et se faire désirer.
Tadorne de Belon ou mélange de gênes ? Si quelqu’un a la réponse, il est bienvenu au spectacle.