« Miroir, miroir magique, dis-moi qui est la plus belle parmi les guifettes «
C’est toi, la guifette leucoptère. Ton manteau d’un noir profond contrastant avec ta queue d’un blanc immaculé, l’élégance de ton vol te confèrent une silhouette incomparable.
En cette fin d’après-midi, la chasse doit être bonne. Des dizaines de guifettes et des sternes sillonnent le ciel, piquent vers la surface de l’eau pour mieux rebondir. Pas facile de les identifier : elles apparaissent dans nos jumelles pour mieux disparaitre un instant après…
Je suis une guifette noire, me chuchote celle-ci à une oreille.
Elle a raison. Sa tête noire, son dos uniformément gris ou noirâtre, son bec et ses pattes sombres sont typiques de sa période nuptiale.
L’autre ne m’a rien dit. Mais la calotte noire et la tache sombre à côté de la poitrine désignent un adulte en livrée internuptiale.
Nous étions partis au Tessin pour dénicher et photographier son confrère, le monticole bleu. Ayant réussi notre mission, nous dormions sur nos lauriers.
Je suis un oiseau discret. J’aime passer inaperçu et je fais tout pour. Mais mon plumage coloré, surtout en période nuptiale, me joue parfois des tours.
La roselière, où elle vit cachée, à l’abri des regards indiscrets, est son royaume. Lorsqu’elle la quitte, en explorant ses abords immédiats, ce n’est que pour mieux y retourner à la moindre alerte.
Celle-ci devait être en confiance. Chaque jour, elle se promenait sur la berge, tête baissée et queue dressée. Elle savait pourtant que de dizaines d’objectifs épiaient chacun de ses mouvements.
Bolla Rossa/TI, avril 2021
Selon les spécialistes de Vögelwarte, elle ne devait pas être là. Et pourtant, elle s’est promenée sur la berge pendant des longues minutes. Elle se trouvait peut-être belle dans la glace réfléchissante de la lagune.
Chez nous, on ne le voit, parait-il, qu’en mai, lorsqu’il a terminé sa longue migration en Afrique, sur la piste des crickets.
C’est effectivement en mai 2021 qu’il a fait sa première apparition au Tessin. Il a fallu attendre deux ans pour pouvoir le photographier de façon satisfaisante. Cette magnifique femelle ne pouvait pas échapper aux antennes tessinoises et genevoises réunies pour l’occasion.
Tout d’abord le professeur…
…puis l’élève.
Laghetto di Gudo/TI, avril 2023
Quant à Monsieur, il s’est fait désirer, mais il a fini par tomber dans notre escarcelle, même s’il n’a pas encore revêtu son plumage d’adulte.
Une superbe femelle lui tenait compagnie.
Laghetto di Gudo/TI, mai 2023
Et, lorsque nous pouvions penser à une exclusivité tessinoise, le voilà qu’il traverse la Sarine !
Due fiumi che si gettano nel Verbano, Il Ticino e la Verzasca, rimodellando il paesaggio a ogni piena, una splendida foresta di quercie, ontani e frassini che nasconde la frenesia di Locarno e dei suoi satelliti, parecchi sentieri dove ogni albero o cespuglio cela un nuovo uccello. Questo ed altro sono le Bolle di Magadino…
Ogni luogo ha il suo signore. Qui è senz’altro la piattaforma d’osservazione della Bolla Rossa, che si affaccia in una lanca del lago tra i due fiumi.
Fine aprile, la nostra prima visita. Un senso d’impazienza mal celato ci fa affrettare il passo nella foresta. Appena il tempo di una breve sosta là dove l’upupa è stata vista o di un rapido colpo di binocolo tra le fronde dove sfuggono cince, ghiandaie e chissà che altro. Lo splendido bosco meriterebbe meglio, ma la passerella d’accesso all’osservatorio non è lontana.
Ancora qualche passo… Non siamo soli, ma le decine di svassi sull’acqua e le rondini nel cielo fa che è come se lo fossimo.
Piove e pioverà quasi sempre a ogni visita, Ma in realtà splende il sole.
Il voltolino si batte con il porciglione, il forapaglia appare per meglio scomparire. Sugli isolotti che le acque basse del Verbano lasciano affiorare, limicoli e cutrettole si danno la caccia. Persino una volpe fa la sua apparizione…